Tout le monde est en gigabit, et pourtant plus rien n'avance
Le gigabit sur le bureau est devenu un argument de vente. Il ne dit pourtant presque rien du débit dont vos équipes disposent réellement — et c'est la source d'incompréhension la plus fréquente entre une direction et son informatique.
En bref
- Calcul de la surréservation à chaque étage du réseau
- Identification automatique du véritable goulot d'étranglement
- Débit réel par utilisateur, selon le taux de simultanéité
- Applicable au filaire comme au Wi-Fi
- Calcul local, aucune donnée transmise
Vous êtes 600 dans les bureaux. Chaque poste est raccordé en 1 Gb/s. Vos bornes Wi-Fi sont en 1 Gb/s. Vos switches sont en 1 Gb/s. Votre accès Internet est en 1 Gb/s.
Tout le monde vous a vendu du gigabit. Et vous avez quand même l'impression que rien n'avance.
Vous avez le sentiment d'être à l'âge de pierre ?
C'est normal.
600 postes à 1 Gb/s, cela fait 600 Gb/s de demande théorique pour 1 Gb/s de sortie : un rapport de 600 pour 1. Le gigabit sur votre bureau ne vous dit pas de quel débit vous disposez — il vous dit seulement à quelle vitesse vous atteignez le bouchon.
Un réseau ne se dimensionne pas au port d'accès. Il se dimensionne aux liens montants, là où tout le monde se retrouve en même temps. C'est exactement la frontière où le tirage de câble s'arrête et où notre métier commence.
Où passe réellement votre gigabit
Faites varier les paramètres : le goulot d'étranglement se déplace, et il n'est presque jamais là où on l'imagine.
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Le modèle est volontairement simple : il ne tient compte ni du cache local, ni de la qualité de service, ni des flux qui ne sortent pas du site. Il sert à montrer un mécanisme, pas à remplacer une métrologie. Pour dimensionner réellement, nous mesurons vos flux pendant deux à quatre semaines avant de proposer quoi que ce soit.
La surréservation n'est pas un défaut, c'est un choix
Aucun réseau d'entreprise n'est dimensionné pour que tout le monde émette à plein débit en même temps. Ce serait absurde : un poste de travail passe l'essentiel de sa journée à ne rien transmettre. La surréservation — plusieurs utilisateurs qui se partagent un lien commun — est donc la règle, pas l'exception.
Le problème n'est jamais qu'elle existe. Il est qu'on ne l'a pas choisie. Dans la plupart des réseaux que nous reprenons, personne n'a jamais calculé le rapport entre ce qui entre et ce qui sort. Les ports d'accès ont été achetés en gigabit parce que c'est le standard, les liens montants sont restés en gigabit parce que c'était ce qu'il y avait dans le switch, et l'accès Internet a été souscrit sur un critère de prix. Résultat : un rapport de surréservation qui peut atteindre 600 pour 1, découvert le jour où quarante personnes lancent une visioconférence.
Les trois étranglements classiques
1. Le lien montant d'étage
C'est le plus fréquent et le plus invisible. Quarante-huit postes en gigabit raccordés sur un switch dont l'unique lien vers le cœur est... en gigabit. Le rapport est de 48 pour 1 sur ce seul étage. Passer ce lien en 10 Gb/s coûte le prix de deux modules optiques et d'une paire de fibres ; c'est généralement l'investissement au meilleur rendement de tout le réseau. Nous détaillons le dimensionnement des uplinks ici.
2. L'accès Internet
Depuis que la bureautique, la téléphonie, la sauvegarde et la visioconférence sont dans le cloud, la quasi-totalité du trafic sort du bâtiment. L'accès Internet est devenu le lien le plus sollicité du réseau, alors qu'il reste souvent le moins bien dimensionné — et le seul que l'on choisisse encore au tarif plutôt qu'au besoin.
3. Le Wi-Fi, qui n'est jamais du gigabit
Une borne annoncée à 3 Gb/s partage ce débit entre tous ses clients, et le débit réel d'un terminal dépend de sa distance, de son propre matériel et du nombre de voisins sur le même canal. Dans un open space dense, compter sur le débit nominal d'une borne est le meilleur moyen de se tromper d'un facteur cinq. Notre approche du Wi-Fi d'entreprise.
Ce qu'il faut regarder, dans l'ordre
Mesurer, pas estimer
Deux à quatre semaines de métrologie sur les liens montants et l'accès Internet. C'est la seule façon de connaître le vrai taux de simultanéité de votre organisation, qui varie énormément d'une entreprise à l'autre — un cabinet comptable et un studio de production n'ont rien à voir.
Remonter au lien le plus étroit
Le débit perçu par un utilisateur est celui du maillon le plus fin de la chaîne, pas celui de sa prise murale. Tant que ce maillon n'est pas identifié, tout investissement ailleurs est perdu.
Traiter l'uplink avant l'accès
Remplacer des switches d'accès pour passer les postes en 2,5 Gb/s alors que l'étage sort en 1 Gb/s ne change strictement rien pour l'utilisateur. L'ordre des travaux compte autant que les travaux eux-mêmes.
Vérifier que le câblage suit
Un lien montant en 10 Gb/s suppose de la fibre ou du cuivre catégorie 6A certifié. C'est là que se découvrent les câblages posés sans recette — et que le sujet redevient physique. Voir la certification.
Prioriser ce qui est sensible
La voix et la visioconférence tolèrent mal la gigue ; une sauvegarde s'en moque. Une politique de qualité de service bien réglée vaut souvent mieux qu'un doublement de débit, et coûte infiniment moins cher.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le taux de surréservation d'un réseau ?
C'est le rapport entre la somme des débits raccordés et la capacité réelle du lien qu'ils partagent. Quarante-huit postes en 1 Gb/s sur un lien montant de 1 Gb/s donnent un rapport de 48:1. Un rapport élevé n'est pas anormal en soi ; il devient un problème quand il n'a pas été calculé et qu'il ne correspond pas à l'usage réel.
Quel débit Internet faut-il par utilisateur ?
Dans un bureau où la bureautique et la téléphonie sont dans le cloud, comptez 5 à 10 Mb/s par utilisateur réellement actif, et non par salarié. Avec un taux de simultanéité de 20 %, cela représente environ 1 à 2 Mb/s par salarié inscrit. Ajoutez une marge si vous faites de la sauvegarde cloud en journée ou de la visioconférence intensive.
Pourquoi le réseau rame-t-il toujours vers 14 h ?
Parce que c'est le pic de simultanéité : reprise après le déjeuner, réunions en visioconférence, synchronisations qui se déclenchent. Un réseau correctement dimensionné pour la moyenne est sous-dimensionné pour le pic. C'est pour cette raison que nous mesurons les percentiles hauts plutôt que les moyennes : une moyenne rassurante masque toujours une heure de saturation.
Faut-il passer les postes en 2,5 ou 10 Gb/s ?
Rarement, et jamais en premier. Pour un poste bureautique, le gigabit reste très largement suffisant : le goulot est ailleurs. Le 2,5 et le 10 Gb/s se justifient sur des postes de montage vidéo, de CAO ou de traitement d'images, et surtout sur les liens montants et les serveurs. Investir sur l'accès avant l'agrégation revient à élargir les rues en gardant le même pont.
Le Wi-Fi 6E ou 7 réglera-t-il le problème ?
Seulement si le goulot était radio. Une borne Wi-Fi 7 raccordée par un lien gigabit ne dépassera jamais le gigabit, quelle que soit sa vitesse annoncée — et les bornes récentes réclament du PoE++ et un câblage catégorie 6A. Changer les bornes sans revoir le câblage et les uplinks est la dépense la plus régulièrement gaspillée que nous rencontrions.
Parlons de votre site, pas d'un catalogue
Une visite sur place, un relevé de l'existant, une étude chiffrée et un calendrier réaliste. C'est gratuit, et vous repartez avec un document exploitable même si vous ne travaillez pas avec nous.